ecostory 17/2006
Combattre les gaz effet de serre par des centrales nucléaires ? - d | e
home | climat | durabilité | retour

Les centrales nucléaires, peuvent-elles vraiment
contribuer à combattre le changement climatique?

Ceux qui sont en faveur du nucléaire prétendent: "On ne peut pas contourner le nucléaire, il le faut pour assurer la production d'électricité et pour réduire le débit de gaz à effet de serre."

Cet avis n'est pas nécessairement correct comme le démontrent le calcul et le tableau ci-après.

S'il s'agit d'assurer la production d'électricité, il faut tenir en compte que même l'uranium est un combustible fossil. Si nous continuons à en consommer au même niveau qu'aujourd'hui, il sera épuisé dans environ 60 ans. La fusion nucléaire est une technologie qui est encore lointaine - si elle sera jamais réalisable. Les problèmes techniques semblent insurmontables, résistance des matériaux aux températures extrèmes par exemple.

La contribution à la réduction des gaz à effet de serre ne peut être que minimale. Aujourd'hui le nucléaire ne contribue qu'environ trois pourcents à la production d'électricité. La part de la consommation totale d'énergies qui contribuent à l'effet de serre s'élève à presque 90 pourcent. Pour réduire la production d'énergie fossile de 90 à 89 pourcent, la part du nucléaire devrait être augmenté d'un tiers, de 33 pourcent.

Cela signifierait qu'aux environ 450 centrales nucléaires actuelles il faudrait rajouter 150 pour atteindre 600. Tout cela en assumant que les centrales nucléaires sont vraiment neutres en production de CO2.

Mais combien de CO2 et combien d'autres charges écologiques entraineraient la construction et l'exploitation de ces centrales? D'où viendraient l'énergie et les matières premières nécessaires pour construire ces nouvelles centrales nucléaires? seront-ils construits? Y a-t-il suffisamment d'eau de réfrigération? A partir de quand pourraient-elles contribuer? Et que signifie leur démantèlement à la fin de leur vie?

Il y a vraiment des méthodes plus rapides et plus prometteuses pour réduire les gaz à effet de serre, par exemple:
Relocalistation de la production et de la consommation (élimination de transports de personnes et de marchandises), réduction des vitesses (bicyclette au lieu de voiture, etc.) avecune réduction conséquente en termes d'infrastructures et de véhicules, estension de la durée de vie de nos produits et réduction des produits jetables (une chaise peut durer des siècles, un T-shirt plusieurs années, etc.), réduction des éclairages pendant la nuit, pour ne nommer que les plus importants.


Énergie finale Consommation
100,0 %
Production
100,0 %
Source page
          dont énergie électrique 18,7 %   22
dont provenant de centrales nucléaires 16,6 % =   3,1 % 2
et de centrales hydrauliques 16,2 % =   3,0 % 2
Consommation finale - charbon - gaz - pétrole (8,3 - 18,9 - 50,1 %) 77,3 %   22
Reste - bio, soleil, vent, autres
(= chiffre interprèté)
4 % 4,0 % 22
La part fossile (mais sans énergie nucléaire) de la production totale d'énergie (= chiffre interprèté)   89,9 % -
Source des chiffres : www.cea.fr INFORMATIONS SUR L'ÉNERGIE 2005, CEA - Commissariat de l'Energie Atomique Direction de la communication Documentation 31-33, rue de la Fédération 75752 Paris cedex 15 Tél : 33-(0)1 40 56 10 17 Fax : 33-(0)1 40 56 20 01 e-mail : patrice.renault at cea.fr

Calcul détaillé:
La part du nucléaire et non fossil de l'énergie finale s'élève à 3,1 + 3,0 + 4 = 10,1 % (de la consommation mondiale totale d'énergie).
La part du fossil est donc de 89,9 %.
Si on voulait réduire cette part de 89,9 à 88,9 % par la construction de centrales nucléaires (pour ainsi réduire la production du CO2 de 1,1 %), il faudrait augmenter la capacité nucléaire de 3,1 à 4,1 %, et donc l'augmenter d'un facteur de 1,322 (soit 4,1 divisé par 3,1).

Cela signifie que l'on devrait ajouter aux environ 455 centrales nucléaires environ  32,2 % = 147 unités. Cela semble complètement illusoire. D'où viendraient l'énergie et les matières premières nécessaires pour construire ces nouvelles centrales nucléaires? Où seront-ils construits? Y a-t-il suffisamment d'eau de réfrigération? A partir de quand pourraient-elles contribuer? Et que signifie leur démantèlement à la fin de leur vie?

La
constante croissance mondiale de l'utilisation des matières premières et des combustibles fossils, les provisions à la fois chaque fois plus petites, la pointe de consommation bientôt atteinte et après la réduction de l'extraction de pétrole et de gaz annoncent une crise énergétique et des matières premières dans les prochaines 10 à 20 années. Une fois la crise nous a atteint, toute construction de centrales nucléaires s'arrêtera et tous les efforts sont en vain.

La fin des énergies fossiles signifie aussi la fin de notre socété des grands chiffres et des grandes vitesses. Il n'existe simplement pas de remplacement pour le pétrole, le gaz et le charbon. Les énergies de substition sontéliminées pour différentes raisons. Le nucléaire - la fission d'aujourd'hui n'a que des réserves d'uranium pour environ 60 ans. La fusion est techniquiement impossible, l'hydrogène improbable. Les alternatives comme l'aérolique, l'hydraulique ou le solaire sont limités. L'énergie biologique agricole est un cul-de-sac étant donné qu'il se trouve en concurrence avec la production de nourriture.

Mais ce n'est pas la menace de manque d'énergie qui est le problème de nos temps, mais l'abondance de l'énergie. Seulement les immenses énergies fossiles nous ont permis d'augmenter la population mondiale et la consommation par personne aux quantités actuelles. Seulement cela nous a permis de voler les ressources et de polluer notre terre de telle manière que la protection de l'environnement et la soutenabilité sont devenus les sujets prédominants de notre temps.

Nous avons déjà dépassé ce que notre terre peut supporter. Au lie de continuer jusqu'à présent nous devons changer radicalement et réduire notre consommation. Nous devons réduire au lieu de croître si nous voulons que quelque chose reste encore pour nos enfants dans les prochaines décennies.

Même si nous trouvions encore d'autres énergies pour quelque temps, cela ne ferait que prolonger notre illusion, illusion qui nous dit que nous pouvons vivre et croître jusqu'à maintenant. Et du temps et des efforts importants sont perdus. Nous en aurions urgemment besoin pour la restructuration de notre économie.

La seule chance de maîtriser les prochaines années sans catastrophes et sans guerres de matières primes consiste en une rupture radicale avec l'idéologie de croissance et de vitesse dominante. Nous devons relocaliser nos sociétés, c'est-à-dire produire localement ce dont nous avons besoin localement. Lentement et durable. Modeste et intelligent.
  • voir aussi Overshoot (anglais)
  • changement climatique
  • Votre opinion - Ihre Meinung


    Dans un article M. Pellaud non seulement est absolument fautif dans son analyse et conclusion que pour gérer le problème des émissions CO2 le nucléaire est incontournable. Il se base aussi sur des personnes dits "ecolos" qui déservent pas ce nom.

    Alors, deux conclusions:
    1. Il est peu réfléchi de prétendre que le nucleaire peux faire un contribution à la réduction des émissions de CO2.
    2. Même si l'électricité représente 18,7 % de la consommation mondiale, elle n'est générée que pour un sixième par le nucléaire.
    Le 77,3 pourcent de l'énergie primaire est Charbon, gaz et pétrole.
    C'est là où nous devrons diriger notre attention en premier lieu.
    Je tiens à répéter que notre problème environnemental n'est pas le manque d'énergie mais le surplus. Ce surplus nous a permis de créer notre productioan/consommation des ressources de toute sorte tellement inflationnaire et avec cela l'épuisement et la pollution de notre terre.

    La fin d'énergie fossile veut dire fin de notre société de grande nombres.
  • Klimaveränderung
  • Votre opinion - Ihre Meinung
  • home | site map a-z | ecostory | d | e
    ecoglobe depuis 1997
    6615-6720