[Les étoiles devraient nous rappeler que ce vaisseau spatial n'a pas de sortie de secours.]
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Le "découplage"
de l'utilisation de ressources de la croissance du PIB
Le découplage est un myth, mis en avant pour défendre la croissance économique. "Decoupling" is one of the myths by which the growth ideology and business as usual is being defended.




The societal focus on so-called "renewable energy", in order to reduce greenhouse gas emissions, overshadows the basic problems of resource overuse and increased depletion rates, both a result of growth.

Energy is a secondary resource, derived from materials such as food, wood, coal, oil and natural gas. This counts for the so-called "renewable energies" - solar, hydro and wind power installations - as well. Their conversion of radiation and kinetic energy into electric energy fully depends on conventional materials (including fossil energy carriers) for their construction, operation, maintenance and replacement.

In the context of the growth debate it is not necessary to say Materials AND Energy, because almost all energy that we are using in modern society is converted materials (mostly fossil energy carriers), apart from passive heating.

Therefore, if one talks about energy AND materials, when discussing resource use, one counts the same thing double. That's why energy needs not to be mentioned separately. Our resource use consists of materials and includes energy.

Economic growth requires increased resource use (materials and derived energies). Growth is caused by population growth and economic policies, fostered by technology. Some scientists say that population growth is a result of technological development, which enabled higher resource extraction rates - food production - per capita.

Higher resource efficiencies reduce the GDP, under the ceteris paribus condition (mainly place and time). Because the materials that are being saved for the production of a product need not be produced by supplier.

The rebound effect says that materials savings (higher materials efficiencies = reduced materials use per unit of manufactured product) are generally not reducing materials use because of a tendency to use the saving elsewhere. The rebound (Jevons) effect is a social phenomenon, which does not invalidate the fact that a higher efficiency reduces the GDP.

Martin Wolf of the Financial Times offends against the ceteris paribus condition when argueing that higher material efficiency can cause *future* growth. His example is a 1948 VW bus size early computer compared to a 2010 silicon wafer.

Decoupling resource use from GDP growth remains a myth, not possible, neither in theory nor in practice. Relative decoupling is an illlusion as well.

First, the resources that we seem to use less per capita in one geographical area are produced in another geographic region and then imported, in order to maintain the same lifestyle (same quantity of materials used).

Second, if the GDP remains stable or increases despite reduced local manufacturing, the cause must be found in the ways the GDP is accounted. Mere financial operations can inflate the GDP figures but not represent any increase in the production of goods and services.

Finance activities do not create material wealth. They redistribute the obligations between people. Some people get richer and the majority gets poorer. If all debts were cancelled, it would change nothing to the material availability of resources.

In this context it must be pointed out that services are by no means less material than goods. Services include transportation, as well as hair dressers. More trains as well as more hairdressers, both increase the GDP.

The argument of relative decoupling of GDP growth and increased materials consumption can only be made because real material work is counted together with virtual wealth redistribution activities, represented by the GDP share of finance transactions, such as stock exchange turnover. The finance casino with high volume computerised trading that generates huge turnovers with relatively little resources.

In 2008 the GDP share of the finance industry in the USA reached a high of 8 percent. This figure does not represent any material production and does not deplete materials stocks, save for the operation of the service (office, equipment and workers). Therefore this is an inflated part of the GDP that can lead to the wrong concludion that GDP growth could be immaterialised. Source: http://en.wikipedia.org/wiki/Financialization 05.12.2011]

Third, higher resource efficiencies lead to a reduction of materials used per unit of production. Under the ceteris paribus condition - all other things equal - this implies a reduction of GDP for the same quantity of goods and services. Less materials are used per unit. So the GDP does not grow but fall.
Therefore, both absolute and relative decoupling of GDP growth and materials consumption are impossible.
The article further down "Decoupling Demystified" shows how even critics of the growth ideology can fall into theory traps, including Tim Jackson, who stays within the economics discipline. [Summary of "Prosperity without growth? The transition to a sustainable economy"]

Some of the factors that prevent change.

Also see "Decoupling Natural Resource Use and Environmental Impact from Economic Growth" ////////////////////

Pour discuter les confusions autour du terme le "découplage," nous avons copiés quelques pages du livre "Prospérité sans croissance" de Tim Jackson.

D'un part un "découplage relatif" est défini comme une réduction "d'intensité écologique par unité produite." Son "intensité écologique doit être compris comme quantité de matières utilisé et déchets générés. En autres mots, c'est l'efficacité matérielle. On utilise moins de matières. On a moins de coûts pour traiter les déchets, ou bien il y a moins de pollution de l'environnement qui produisent des coûts ailleurs, plus tard.

Cette augmentation d'efficacité de production par unité de production réduit le PIB, même si le prix du produit n'est pas réduit. Les matières et les déchets économisés baissent leur production dans l'économie. C'est fautif de dire que "les impacts sur les ressources baissent par rapport au PIB". C'est le PIB qui baisse.

D'autre part, un "découplage absolu" est défini comme une hausse du PIB sans que la consommation de matières monte aussi. Il semble évident qu'une telle croissance dite "dématérialisée" est impossible.

Tandis que le "découplage absolu" se réfère à une croissance du PIB, le "découplage relatif" est en effet pas une découplage de l'intensité matérielle du PIB mais une augmentation efficacité matérielle par unité de production.

Nommer les deux effets "découplage" ne crée que de la confusion additionnelle. C'est comme parler des pommes absolues et des poires relatives. Comparer les deux "découplages" avec leurs adjectives ne fait pas de sens. C'est comme si la discipline de l'économie n'aurait pas assez d'autres complications et erreurs.

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Pour discuter les confusions autour du terme le "découplage," nous avons copiés quelques pages du livre "Prospérité sans croissance" de Tim Jackson.

D'un part un "découplage relatif" est défini comme une réduction "d'intensité écologique par unité produite." Son "intensité écologique doit être compris comme quantité de matières utilisé et déchets générés. En autres mots, c'est l'efficacité matérielle. On utilise moins de matières. On a moins de coûts pour traiter les déchets, ou bien il y a moins de pollution de l'environnement qui produisent des coûts ailleurs, plus tard.(Tim, Jackson)."

Cependant, cette augmentation d'efficacité de production par unité de production réduit le PIB, même si le prix du produit n'est pas réduit. Les matières et les déchets économisés baissent leur production dans l'économie. C'est faux de dire que "les impacts sur les ressources baissent par rapport au PIB". C'est le PIB qui baisse.

D'autre part, un "découplage absolu" est défini comme une hausse du PIB sans que la consommation de matières monte aussi. Il semble évident qu'une telle croissance dite "dématérialisée" est impossible. Quand on produit plus de biens et de services on a besoin de plus de matières premières et d'énergie.

Force est de dire que les services sont souvent très intensifs en consommation de matières premières, tels que les transports. Les énergies que nous utilisons sont pour la grande plupart des matières premières converties - la nourriture, le bois, les porteurs d'énergie fossile (charbon, gaz, pétrole).

Tandis que le "découplage absolu" se réfère à une croissance du PIB, le "découplage relatif" est en effet pas une découplage de l'intensité matérielle du PIB mais une augmentation efficacité matérielle par unité de production.

Nommer les deux effets "découplage", ne crée que de la confusion additionnelle. Ca crrée l'imprseesion comme si c'était le même "découplage", tandis qu'en réalité une fois c'est une augmentation d'efficacité matérielle et dans l'autre instance c'est un découplage postulé mais impossible. C'est comme parler des pommes absolues et des poires relatives. Comparer les deux "découplages" avec leurs adjectives ne fait pas de sens.

L'augementation d'efficacité matérielle par unité produite a en effet de limites. Dans beaucoup de cas nos constructeurs et ingénieurs ont déjà atteint le maximum d'efficacité matérielle. Pour le PIB, une amélioration de l'efficacité matérielle fait descendre le PIB, parceque moins de matières doivent être produites et dans une situation de compétition normale, le prix de l'article produit devrait aussi baisser en conséquance.

The below graph was taken from a very recent UNEP publication "Keeping Track of our changing environment" page 17. We extrapolated the Resource efficiency line and got to almost zero materials intensity by 2102. sic! (The graph runs of the screen. Scrol to the right.)

Decoupling Demystified
by Joshua on February 3, 2010 · 11 comments [downloaded 05.12.2011 from http://steadystaterevolution.org/decoupling-demystified/

Can We Separate GDP Growth And Ecological Limits? Next time you run into a classically trained economist (happens all the time, right?) start talking with him/her about ecological limits. They might squirm a little, but probably respond as trained: with some zombie-like responses about “decoupling.” What is decoupling? Basically, it’s a concept of being able to continue growing economic output without a corresponding increase in environmental impact.

The overall idea is that improvements in production efficiency allow you to make more with less. Theoretically we can increase our efficiency and make more stuff using the same amount of resources and/or generating the same amount of pollution.

Applying this concept to renewable resources would be incredibly beneficial. We could use wood, for instance, in a more sustainable fashion if we decoupled the economic growth from resource use and did so under the ecological limits of forest regeneration.

As you might have already guessed, there are quite a few flaws with this concept. You might have also noticed that it seems at first glance to have a broad definition. In general, however, there are two types of economic decoupling: relative and absolute. The first type appears to have a cursory chance of working, the latter is fundamentally impossible.

Relative decoupling refers to a decrease in environmental intensity per unit of economic output. This means the impacts on resources decline relative to GDP, but they don’t decline completely – just grow slower than GDP. Absolute decouple occurs when ecological intensity declines in “absolute terms,” or an overall decrease as GDP increases.

Relative Decoupling Inputs in production (aka, resources and natural capital) are costs to the producer. So it seems reasonable to argue that in a free market economy producers will push to reduce costs by increasing their efficiency. This leads one to believe that over time we should use less materials to produce more – relative decoupling. One example of this is found in the amount of energy needed to produce each unit of economic output, which globally has fallen over the last 50 years.

However, this tread is only apparent in some developed nations. Outside of the US and Europe this number has been less consistent, in many cases increasing. This makes it difficult to say for certain that a free-market, growth-centered economy will lead to reduced energy intensity, or relative decoupling.

As one might think, as the overall energy intensity of the global economy has decreased, so has our emission intensity (remember, this is per unit or per dollar of GDP). Unfortunately, this tread has begun to falter, and in the last decade has been slowly increasing. This is disconcerting to those fearful of continuing economic growth in a finite world. As Tim Jackson puts it in his book Prosperity Without Growth,

“For decoupling to offer a way out of the dilemma of growth, resource efficiencies must increase at least as fast as economic output does. And they must continue to improve as the economy grows, if overall burdens aren’t to increase. To achieve this more difficult task, we need to demonstrate absolute decoupling. Evidence of this is much harder to find.”

Absolute Decoupling

In the face of the overall decrease of energy intensity, we must remember that our total economic output has increased – the growth economy is the whole reason this blog exists! Taking the example of emissions we can see that in general our emission intensity per unit has decreased over the last half century, yet our total emissions have steadily increased. Even in the face of arguable relative decoupling, our growth has seriously outpaced improvements in efficiency.

Today’s global emissions are 40 percent higher than the Kyoto base year, 1990, and 80 percent higher than 1970 levels. While we claim emission cuts in some developed nations, these results are deceiving at best. The decrease in emissions is always connected to simply moving production out of the country, along with the pollution it generates. European countries that have decreased their emissions have failed to account for increased imports and the carbon emissions associated with them.

This leads us to a critical point: the important thing is the global statistic. Worldwide our resource use has increased. In the case of cement production it has doubled; structural metal extraction is increasing quicker than GDP. While some argue that developed economies make improvements in air pollutants like sulphur dioxide, they seem ambivalent to other indicators like CO2 emissions or species lost.

The overwhelming truth is that for every unit of growth we use more resources and create more waste – decoupling is not happening, nor does it appear to have any hope of ever happening.

Something Doesn’t Add Up

Economic equations can be a bit of a drag, but there are some that don’t completely suck. One in particular has been around for 40 years, developed by Paul Ehrlich and John Holdren. The Ehrlich-Holdren Equation states that impact of human activity is the product of three factors: population, affluence, and a technology factor (the impact per dollar spent). It’s a simple equation: I = P*A*T.

In order to sustain a growing population and growing affluence (economy) we force ourselves to rely on decreasing T, our impact per dollar (or increasing our efficiency). This is where the “simple equation” gets tough. In order to reduce, for instance, our carbon emissions to stabilize atmospheric CO2 at 450ppm (a weak target) with a growing population and economy we’d need to make some seriously unprecedented technological improvements to efficiency.

Assuming population growth slows, and the economy only grows at a low rate, we’d still need to improve efficiency some ten times faster than we have been doing in the past. That is a low-end estimate, if population and/or economic growth expand faster than expected we could need up to 21-times current efficiency improvement rates – or more. Unfortunately, the latter is more likely necessary as there is virtually no political will behind stabilizing population or economy for the most part.

Here’s another crux to the idea that we can continue to improve efficiency and save our precious growth economy: the second law of thermodynamics. We are physically constrained by the fact that efficiency cannot increase forever. We can only get so efficient. Even if you can get past the historical precedence showing efficiency can’t keep up, and you are willing put all your eggs in the basket of a miraculous technological increase, you still will have to face the laws of nature in the end.

Absolute decoupling is not supported by the history. Even relative decoupling is founded in false statistics. Without decoupling growth from environmental impact we will be forced to face the limits of our finite planet. If we fail to adjust our course, the Earth will take care of it for us. And no one will like that outcome, so let’s try an make a peaceful, amiable transition to a stable economy and sustainable society.

The answer is to seek out a society with a stable population, a stable economy, and increasing technological efficiency (as far as we can push it) to decrease environmental impacts. This will make a better world for those living in it. We can pursue what Tim Jackson calls “a credible vision of what it means for human society to flourish in the context of ecological limits.”

A major source for this post was Tim Jackson’s amazing work Prosperity Without Growth. I highly recommend reading it [http://www.earthscan.co.uk/ProsperityWithoutGrowth/tabid/102098/Default.aspx].
If you don’t have time for 215 pages [http://www.sd-commission.org.uk/data/files/publications/prosperity_without_growth_report.pdf], then download the free report. If you’re attention span is even shorter at least read the summary of the report!
[Summary of "Prosperity without growth? The transition to a sustainable economy"]
[p. 77] Le mythe du découplage

Alors que le monde semblait pourvu de ressources illimitées, l'humanité s'habitue graduellement à considérer la Terre comme un espace limité, surpeuplé et fini, dont les ressources extractibles spnt limitées et dont la capacité d'élimination des déchets ou de la pollution va en s'amoindrissant. Jean-Claude Trichet, juin 2008(1)

La réponse conventionnelle au dilemme de la croissance consiste à invoquer le concept du “ découplage ”. Les processus de production se reconfigurent. Les biens et les services sont repensés. La production économique s'affranchit progressivement de sa dépendance aux flux de matières. De la sorte, espère-t-on, l'économie peut continuer à croître sans enfreindre les limites écologiques - ou tomber à court de ressources. Il est crucial en l'occurrence de faire la distinction entre découplage “ relatif” et dé couplage “ absolu ”. Le découplage relatif désigne une baisse de l'intensité écologique par unité produite. Dans une telle situation, les impacts sur les ressources baissent par rapport au PIB. ils ne déclinent cependant pas nécessairement en termes absolus. Les impacts peuvent encore augmenter, mais, à un rythme plus lent que celui de la croissance du PIB.

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1) Extrait d'un discours de Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne, à Barcelone en juin 2008, traduction du texte anglophone tel que publié par The Times, en ligne sur http://business.timesonline.co.uk/tol/business/colurnnists/artide4092764.ece.

[p. 78]
La situation dans laquelle les impacts sur les ressources baissent en termes absolus est appelée “ découplage absolu ”. Cela va sans dire, parvenir au décou¬plage absolu est essentiel pour que l'activité économique reste contenue à l'inté¬rieur des limites écologiques. Dans le cas du changement climatique, par exemple, il est indispensable d'obtenir une réduction absolue des émissions de carbone de 50 à 85 pour cent d'ici 2050 pour respecter l'objectif du GIEC portant sur une stabilisation à 450 ppm(2).

Le but de ce chapitre est d'examiner quelques éléments probants concernant le découplage, relatif et absolu. TI se concentrera en particulier sur les tendances en matière de consommation des ressources limitées et d'émission de gaz à effet de serre. Ces exemples n'épuisent pas l'ensemble des préoccupations associées à la croissance continuelle de l'économie. Mais ils suscitent déjà des inquiétudes immédiates et illustrent clairement l'ampleur du problème.

Dans quelle mesure un découplage a-t-il été obtenu dans ces exemples? Combien en faudrait-il? Une stratégie de “ croissance avec découplage ” est-elle réellement en mesure d'accroître indéfiniment les revenus dans un monde peuplé par neuf milliards de personnes, tout en restant dans les limites écologiques? Telles sont certaines des questions centrales de notre étude.

Comme le suggère le titre de ce chapitre, les éléments tendant à démontrer que le découplage offre une échappatoire cohérente au dilemme de la croissance sont loin d'être convaincants. Le “ mythe” du découplage consiste à prétendre que le découplage permettra nécessairement d'atteindre les objectifs écologiques. Le qualifier de mythe ne veut pas dire que le dé couplage ne soit pas nécessaire. Bien au contraire, il est vital, avec ou sans croissance.

Découplage relatif

En termes très simples, le découplage relatif consiste à faire plus avec moins: plus d'activité économique avec moins de dégâts environnementaux, plus de biens et services avec moins de ressources et d'émissions. Découpler signifie être plus efficace. Et puisque l'efficacité fait partie de ce que les économies modernes savent bien faire, il y a dans le découplage une logique familière et attirante en tant que solution au dilemme de la croissance. Les ressources qui entrent dans la production représentent un coût pour les producteurs. La motivation du profit devrait donc stimuler les industries à une recherche permanente des gains d'efficacité pour réduire les coûts dus à l'utilisa¬tion des ressources. Certains éléments de preuve vont dans ce sens. Par exemple, la quantité d'énergie primaire nécessaire pour produire une unité de production économique mondiale a baissé plus ou moins constamment au cours du demi. siècle passé. L'“ intensité énergétique” mondiale est aujourd'hui 33 % plus faible qu'en 1970(3).

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2) GIEC 2007, graphe SPM.6.
3) GIEC 2007, p. 4.

[p. 79]
Ces gains ont été plus manifestes dans les économies avancées. Au cours des 25 dernières années, l'intensité énergétique a décliné trois fois plus vite dans les pays de l'OCDE que dans les autres(5). Aujourd'hui, l'intensité énergétique des États-Unis et du Royaume-Uni est 40 pour cent plus faible qu'en 1980(6).

En dehors des pays les plus avancés, la tendance est beaucoup moins claire. Même dans certains pays d'Europe du Sud (Grèce, Turquie, Portugal), l'in¬tensité énergétique a augmenté au cours des 25 dernières années. Dans les écono¬mies émergentes et les pays en développement, les résultats sont mitigés. Au Moyen-Orient, l'intensité énergétique a plus que doublé entre 1980 et 2006 ; en Inde, elle a augmenté avant de diminuer lentement depuis son pic en 1993. En Chine, l'intensité énergétique a baissé de 70 % jusqu'au tournant du XXI" siècle mais est repartie à la hausse depuis lors(7).

Globalement, toutefois, les intensités énergétiques ont baissé de manière significative au cours des trois dernières décennies, en particulier dans les pays de l'OCDE. Il en va de même des intensités matérielles en général. La figure 5.1

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4 fig. 5.1) Mesurée sous forme de consommation matérielle directe (CMD) par unité du PIB, indexée par rapport à 1975. Données sur l'Autriche, l'Allemagne, le Japon et les Pays-Bas tirées du WRI 2000, annexe 2. Les points relatifs à la période 1997-2000 sont des estimations obtenues par le biais d'extrapolations linéaires (sur la période 1975-1996). Les données relatives au Royaume-Uni sont issues de Sheerin 2002. La CMD est obtenue en calculant les ressources extraites dans le pays, auxquelles sont additionnées les importations de ressources moins les exportations de ressources. Elle ne prend pas en compte les ressources “ cachées” dans les produits finis et semi-finis.
5) Voir graphe 25 dans AIE 2008.
6) Données tirées du graphe E1G du International Energy Annual 2006 (EIA 2008).
7) Données tirées du graphe E1G du International Energy Annual 2006 (EIA 2008).

[p. 80]
montre l'évolution de l'intensité matérielle dans cinq pays avancés, dont le Royaume-Uni, durant le dernier quart du XX' siècle. L'existence d'un “ dé couplage relatif” y est attestée.

Sans surprise, l'amélioration de l'efficacité dans l'utilisation des ressources mène également à une baisse des intensités d'émission. La figure 5.2 montre l'évolution des intensités d'émission de dioxyde de carbone rapportée au PIB au cours des 25 dernières années. L'intensité des émissions mondiales de carbone a baissé de près d'un quart, passant d'un petit peu plus d'un kilogramme de dioxyde de carbone par dollar américain (kg CO/$) en 1980 à 770 grammes par dollar américain (kg CO/$) en 2006.

Ici également, nous constatons que des améliorations régulières dans les pays de l'OCDE cohabitent avec des évolutions beaucoup plus inégales dans les pays non OCDE. Une croissance significative de l'intensité en carbone a eu lieu au Moyen-Orient ainsi que dans les phases antérieures du développement de l'Inde. La Chine, pour sa part, a connu très tôt des améliorations frappantes. Mais celles. ci ont été partiellement compensées par une intensité croissante des émissions de carbone au cours des dernières années. De façon préoccupante, la tendance globale à la baisse des intensités en carbone est devenue vacillante et cette intensité a même légèrement augmenté depuis son point le plus bas en 2000.

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8 fig. 5.2) La source des données nationales est le Rapport annuel 2008 de l'AIE, graphique H1GC2 “ Émissions mondiales de dioxyde de carbone provenant de la combustion et du torchage de combustibles fossiles par millier de dollars de produit intérieur brut aux taux de marché ”. L'intensité carbonique mondiale est calculée en utilisant les données relatives aux émissions totales reprises dans le graphe H1CO2, de la base de données de l'AIE ainsi que les données relatives au PIB mondial (en prix constants de 2000, aux taux du marché) provenant des données du FMI (2008) consultables en ligne sur : www.imf.org/external/pubs/ft/weo/2008/02/weodata/index.aspx.

[p.81]
De toute évidence, il y a ici peu de raisons de se montrer complaisant. L'efficacité avec laquelle l'économie mondiale utilise les ressources fossiles et génère des émissions de dioxyde de carbone s'améliore dans certains endroits. Par contre, au niveau mondial, nous ne réalisons au mieux que des progrès hésitants.

Pire, le découplage relatif ne couvre que la moitié du problème. *** faux: ne couvre pas le problème du tout. Il mesure uniquement l'utilisation des ressources (ou les émissions) par unité de production économique. Pour que le dé couplage offre une échappatoire au dilemme de la croissance, l'efficacité dans, l'utilisation des ressources doit augmenter au moins au même rythme que ne le fait la production économique. Et pour que les impacts mondiaux liés à l'utilisation des ressources cessent d'augmenter, il faut aussi que cette efficacité continue à s'améliorer au fur et à mesure que croît l'économie. Pour accomplir cette tâche plus difficile, nous devons démontrer l'existence d'un découplage absolu, ce qui s'avère beaucoup plus complexe.

Découplage absolu

En dépit de la baisse des intensités énergétiques et en carbone, les émissions de dioxyde de carbone provenant des combustibles fossiles ont augmenté de 80 pour cent depuis 1970. Les émissions, aujourd'hui, sont quasiment 40 pour cent plus élevées qu'en 1990 - année de référence de Kyoto. Depuis l'an 2000, elles ont augmenté à un rythme annuel supérieur à 3 pour cent '(voir figure 5.3).

La figure 5.3 fournit en effet une illustration du découplage relatif: le PIB mondial a augmenté plus rapidement que les émissions de dioxyde de carbone au cours des 18 dernières années. Mais il n'est nullement question ici d'un décou¬plage absolu. De plus, une augmentation brusque de la consommation de charbon a entraîné une accélération du rythme d'accroissement des émissions de dioxyde de carbone depuis l'an 2000.

Ce qui est vrai des ressources fossiles et des émissions carboniques l'est également des flux de matières en général. La figure 5.4 illustre la consommation matérielle directe dans les cinq mêmes pays de l'OCDE que ceux de la figure 5.1. Malgré le découplage relatif avéré par la figure antérieure, cette figure-ci fournit beaucoup moins d'éléments attestant d'une baisse absolue de la consommation matérielle.

Dans le meilleur des cas - pour seulement deux pays -, on a pu observer une évolution de l'ordre d'une stabilisation des besoins en ressources, en particulier depuis la fin des années 1980. Mais même cette donnée n'est pas totalement fiable car il est difficile d'identifier toutes les ressources intégrées dans les biens échangés. La mesure utilisée ici - la consommation directe de matières - permet d'identifier les flux de ressources spécifiques, mais elle n'englobe pas les ressources (et les émissions) utilisées pour fabriquer les produits finis et semi-finis à l'étranger.

On a finite planet economic and population growth are suicide for humanity!
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